Promener son chien en pleine nature offre à la fois liberté et risques. Entre obligations légales, respect de la faune et sécurité, le maître doit adapter sa conduite au contexte et au tempérament de son animal. Ce rapport fait le point sur la réglementation française hors agglomération, les dangers extérieurs (bruits, chasse, deux-roues, animaux sauvages, chiens errants…), les pour et contre de la laisse vs la liberté, puis propose bonnes pratiques, équipement et mesures concrètes pour chaque situation. Un schéma de décision et un tableau récapitulatif aideront à choisir la conduite la plus sûre lors de chaque sortie.
Que dit la loi ? En France, la loi interdit la divagation des chiens et impose que, du 15 avril au 30 juin en forêt, tout chien soit tenu en laisse en dehors des allées battues. Hors de ces périodes, aucun texte national n’exige la laisse en permanence, mais « tout chien abandonné… livré à son seul instinct est en état de divagation ».
Beaucoup de maires peuvent cependant imposer la laisse par arrêté local, et les espaces protégés (réserves, parcs nationaux) interdisent souvent toute liberté canine. Les risques à la campagne incluent les bruits soudains (orage, feu d’artifice), la saison de la chasse (armes à feu et chiens de chasse), la circulation de vélos et motos, la rencontre d’animaux sauvages ou d’autres chiens (potentiellement agressifs). En liberté, le chien bénéficie d’un exercice plus complet et d’une stimulation mentale accrue, mais il peut fuir, chasser un gibier ou provoquer un accident. À l’inverse, la laisse offre un contrôle immédiat et réduit les dangers, mais peut contraindre et stresser certains chiens.
Les bons réflexes sont donc d’adapter choix et matériel à la situation : par exemple un longue laisse (5–10 m) offre un compromis liberté/sécurité, un harnais confortable protège le chien lors d’un freinage brusque, et un gilet fluo + clochette améliorent sa visibilité en forêt de chasse. L’entraînement est crucial : un rappel solide, la désensibilisation aux bruits et une socialisation adaptée permettent au chien d’être plus libre et sûr. Un diagramme de décision et un tableau récapitulatif ci-dessous synthétisent les conseils à suivre selon le contexte. Les maîtres doivent rester responsables (propreté, assurance, puce, respect de la faune et des autres usagers) et connaître leur chien (âge, caractère, santé) pour choisir de le laisser en liberté ou non. Au final, il s’agit de trouver un juste équilibre entre sécurité et bien-être : ni systématiquement en laisse, ni aveuglément en liberté.


Réglementation française hors agglomération
En pleine nature, les autorités françaises rappellent que le chien doit rester sous contrôle de son maître (portée de voix d’au plus 100 m) et obéir aux mesures spécifiques de la loi (notamment tenir son chien en laisse en forêt du 15 avril au 30 juin).
Selon le Code rural, un chien est en état de divagation dès qu’il n’est plus sous la surveillance effective de son maître, qu’il est à plus de 100 m ou hors de portée de voix. En pratique, cela signifie qu’en pleine nature le chien doit toujours rester « à vue et à portée de rappel » du maître. Le maire ou le préfet peut prescrire la tenue en laisse ou interdire les chiens selon les lieux.
En outre, l’arrêté ministériel du 16 mars 1955 interdit formellement de laisser divaguer les chiens « dans les terres cultivées ou non, les prés, les vignes, les vergers, les bois, ainsi que dans les marais et sur le bord des cours d’eau, étangs et lacs ». Cet arrêté précise aussi qu’« il est interdit de promener des chiens non tenus en laisse en dehors des allées forestières pendant la période du 15 avril au 30 juin ». En clair, au printemps (mise bas des animaux sauvages et nidification), tout chien doit être tenu en laisse dans les bois hors sentiers balisés. Hors de cette période, les chiens peuvent être lâchés sous réserve d’être correctement maîtrisés, mais la prudence reste de mise.
Enfin, des arrêtés locaux peuvent imposer la laisse plus largement (parcs municipaux, zones urbaines ou périurbaines, parcs nationaux, réserves naturelles…). Par exemple, l’Office national des forêts rappelle qu’« au printemps, du 15 avril au 30 juin… un arrêté ministériel impose aux propriétaires canins de tenir leurs animaux en laisse en dehors des allées forestières », et que « les maires peuvent interdire les chiens sans laisse sur leur commune ».
Risques extérieurs lors des promenades
La campagne recèle de nombreux dangers potentiels pour un chien en balade. Parmi les plus fréquents :
- Bruits soudains (orage, pétards, feu d’artifice) : ils peuvent effrayer le chien, le faisant fuir hors de vue. Un chien paniqué risque alors de traverser une route ou d’explorer des zones dangereuses.
- Chasseurs et coups de feu : d’octobre à février (selon les départements) la chasse bat son plein. Un chien en liberté peut involontairement se mêler au gibier, et être surpris par un coup de fusil. TF1 Info rappelle que « tenir le chien en laisse vous évitera bien des déconvenues, d’autant plus que si votre toutou lève un gibier et part à sa poursuite, vous serez considéré comme braconnier ». Le risque est double : l’animal protégé peut être poursuivi (illégalement) et votre chien peut être accidentellement blessé ou confondu avec la proie.
- Vélos et cyclotourisme : en campagne, vélos et VTT sont fréquents. Un chien qui surgit peut faire dévier un cycliste entraînant une chute. Inversement, l’animal peut être heurté. Les collisions entre chiens et cyclistes peuvent causer de graves blessures. Lors d’une approche, il est donc impératif de contrôler le chien (laisse ou ordre de rappel ferme) et de ménager un large écart.
- Motos et quads : comme les vélos, les engins motorisés génèrent du bruit et peuvent apeurer le chien ou le charger accidentellement. Un fort rugissement peut aussi déclencher une fuite du chien, surtout si elle survient brutalement.
- Animaux sauvages : en forêt ou champs, le chien peut repérer (ou inquiéter) chevreuils, sangliers, renards, blaireaux ou chiens viverrins. Si le chien part à leur poursuite, il court un risque de morsure ou de blessure (par exemple un coup de sabot de sanglier). Inversement, chasser de tels animaux met la faune en danger. Les autorités de la biodiversité conseillent de ne pas perturber la faune terrestre, surtout en période de reproduction.
- Chiens errants ou autres chiens de randonneurs : une rencontre impromptue peut virer à l’agression. Un chien non tenu augmente le risque de conflit. Seul le rappel (s’il est infaillible) permet d’éviter une bagarre ou une poursuite. Lors d’un accrochage, le guide de la Compagnie des Animaux recommande de rester calme et d’utiliser éventuellement un spray dissuasif, mais surtout de ne jamais séparer les chiens soi-même (laisser l’eau ou un objet recouvrir les chiens peut suffire). De plus, tout chien sur la voie publique (même en forêt) porte la responsabilité civile de son maître en cas de dommages.
- Routes et trains : en errant, le chien peut se retrouver sur une route à grande circulation ou près des rails, avec des risques de collision. Le Code rural oblige à la vigilance : un chien en divagation peut être capturé par la fourrière (voir encadré).
Ces risques varient selon le contexte (forêt dense vs champ ouvert, chasse en cours ou non, heure de la journée, etc.) et le profil du chien (chasseurs-nés, réactifs au bruit ou aux autres chiens, etc.). Aucun problème n’est impossible, d’où l’importance de l’anticipation et de la prudence.
Laisse vs Liberté : avantages et inconvénients
La question « lâcher ou garder en laisse » ne se résume pas à une opposition simple : chaque option a ses avantages et ses limites, qu’il faut peser selon le chien et le lieu.
- Chien en laisse (court ou longe) – Avantages : contrôle total du chien, sécurité accrue (limite la fuite, protège des crevaisons et morsures, évite les erreurs de jugement du chien). Permet au maître de corriger son animal à tout moment. Réduit fortement l’impact sur la faune et respecte la loi en zones réglementées (notamment en chasse ou en réserves). Inconvénients : contraint la liberté de mouvement (peut frustrer certains chiens énergiques), empêche une dépense physique optimale si le chien ne peut pas trotter loin, et peut créer une tension inutile (si le chien tire fort, les articulations de l’humain et du chien souffrent). Un chien sur une laisse trop courte n’a pas le même plaisir et peut développer de l’impatience. Lors de longues promenades, l’humain reste physiquement plus actif à avancer le chien ou à relâcher la corde.
- Chien détaché (liberté surveillée) – Avantages : liberté totale d’explorer et de courir. Excellente dépense d’énergie musculaire et d’odorat, ce qui contribue au bien-être et au développement de l’animal. Renforce la confiance mutuelle si le rappel est respecté : l’animal apprend à ne pas fuir et à revenir spontanément. Les espaces comme les grands prés ou bord de mer peuvent être utilisés pleinement. Inconvénients : nécessite un rappel impeccable et une discipline solide du maître. Le risque de fugue, d’accident (route, fossé), d’attaquer du gibier ou de se bagarrer augmente nettement. Le chien peut s’ennuyer s’il n’est pas assez stimulé malgré sa liberté, ou au contraire se heurter à un danger imprévu (taupinière, falaise, etc.). La présence d’autres usagers peut devenir problématique (cf. vélos ou piétons ci-dessus). Enfin, en cas de morsure ou d’accident provoqué par un chien détaché, la responsabilité du maître est engagée comme si le chien attaquait en laisse (pas d’atténuation de peine car la loi considère un chien libre comme « sous surveillance » dans une certaine limite).
En pratique, la meilleure solution est souvent un compromis : par exemple la longue laisse (5–10 m). Elle autorise le chien à s’éloigner pour flairer ou courir en avant, tout en permettant au maître d’intervenir rapidement. Elle est d’autant plus utile dans les zones à risque : par exemple, à proximité des routes ou en forêt de chasse (dès qu’il y a un panneau « chasse battue en cours »). Une longe (corde non rétractable) glissée dans une poche peut également servir temporairement. Un harnais est préféré à un collier quand on laisse beaucoup de liberté : il répartit la traction sur le corps du chien et évite d’étrangler l’animal en cas de sursaut.
L’éducation et l’état du chien doivent guider le choix : un chiot, un chien âgé ou malade (arthrose, surdité) doit souvent rester en laisse pour sa sécurité. Inversement, un chien sportif, peu sensible aux bruits et ayant un rappel sûr pourra profiter de plus de liberté dans un secteur calme (vergers hors gibier, par exemple). Enfin, respecter le tempérament du chien : un chien dominant ou très protecteur peut stresser d’être attaché trop court, alors qu’un chien craintif aura besoin d’être rassuré en laisse. L’enjeu est d’équilibrer sécurité (humain, chien, entourage) et bien-être animal.
Scénarios courants et recommandations pratiques
| Scénario | Risques potentiels | Conseils pratiques (équipement/comportement) |
|---|---|---|
| Cycliste passe sur un chemin ou sentier | Le chien détaché peut surgir vers le vélo, provoquant une chute du cycliste et/ou blessant le chien. Le cycliste, surpris, peut perdre contrôle du vélo. Le chien lui-même peut être percuté. | A distance du chien ou en longe. Toujours ralentir et parler calmement au chien, le placer derrière vous durant le passage. Mieux vaut tenir le chien à la laisse (voire marcher sur le côté inverse de la trajectoire du vélo) tant que le cycliste est proche. Entraînez-le à « pas bouger » ou autre consigne d’arrêt instantané. |
| Passage d’une moto/quads | Bruit fort, vent d’air. Risque de paniquer le chien : fuite rapide ou courir après la moto. Collision possible. | Laisse ou longe longue. Ne pas lâcher au bruit d’un moteur. Équipement conseillé : collier lumineux/gilet fluo pour repérage rapide du chien (voir point chasse). Bonne socialisation aux bruits urbains peut aider, mais en zone rurale isolée, considérez cela comme un danger potentiel. |
| Entendre un coup de feu (chasse) | Le chien peut être terrifié ou, inversement, excité par l’odeur du gibier. S’il s’éloigne pour suivre le son, il peut se perdre ou mettre en danger la faune protégée. Votre responsabilité est engagée: chasser un animal sauvage (même par accident) est considéré comme braconnage. | Tenir en laisse longue OU s’abstenir de sortir dans cette zone. Vérifiez avant la balade le calendrier de chasse local (fédération des chasseurs). Si un fusil retentit, restez sur les chemins, équipez-vous d’un gilet fluo et d’une clochette sur le collier pour signaler votre présence. En cas de doute, faites demi-tour plutôt que de prendre un risque. |
| Chien rencontre un chien inconnu (agressif) | Si votre chien n’est pas sous contrôle, il peut soit attaquer soit être attaqué. Les morsures peuvent être graves. En forêt, des patous (chiens de protection des troupeaux) sont parfois présents : ils interviennent pour protéger leur mouton, même vis-à-vis d’un randonneur. | Socialisation et dressage prioritaires. Tenez le chien en laisse si vous n’êtes pas certain de sa sociabilité. Installez-vous calmement sur le côté, détournez le regard et reculez doucement si un chien hostile s’approche. Apprenez à votre chien des ordres comme « stop » ou « assis » même en cas d’agitation. En cas de patou, renvoyez votre chien au pied et attendez qu’il passe, gardez calme (ne pas courir, ne pas crier). Un collier anti-aboiements (électrique ou à ultrasons) peut aider à l’apaisement dans ces cas extrêmes (sous avis vétérinaire). |
| Poursuite d’animaux sauvages (chevreuil, lapin… ) | Le chien peut blesser ou tuer de petits animaux, ou être blessé (lion de montagne, sanglier). Cette action crée un déséquilibre écologique. Le gibier inquiété peut charger le chien. | Exercer le rappel. Un chien avec un fort instinct de chasse doit rester en laisse ou longe dans les zones boisées à faune. Si le chien s’élance malgré vous, usez immédiatement du rappel bien entraîné, voire du spray dissuasif. Après chaque balade, inspectez soigneusement le chien (tiques, blessures) et interdisez-lui toute chasse sauvage sous peine de sanctions (le code rural parle même de contravention pour divagation sur gibier). |
| Rencontre d’une personne (randonneur, jogger, enfants) | Même un chien sociable peut sauter pour saluer ou être intimidé si la personne lui fait peur (enfants hurlants, personnes en fauteuil). Risque de chute ou de morsure involontaire. | Annoncer la présence du chien. Parlez à l’avance (« attention chien »), ralentissez la marche. Si possible, gardez le chien en laisse en zone très fréquentée ou peuplée. Apprenez au chien à obéir aux ordres de base (« assis », « non ») même quand quelqu’un s’approche. Les bonnes manières minimiseront le stress de tous. |
Ces conseils sont à adapter : l’équipement (harnais, laisse adéquate, fluo, GPS) et les comportements (parler calmement, s’arrêter, changer de route…) peuvent éviter bien des problèmes. Par exemple, la startup Emmène Ton Chien souligne qu’il faut rester sur les sentiers battus durant la chasse, équiper le chien d’un gilet fluo et d’une clochette (à l’instar des chiens de chasse) et le tenir « au pied ou en laisse » pour éviter tout conflit. Une simple clochette peut en effet alerter chasseurs et promeneurs de la présence du chien même hors vue. Enfin, en cas d’accident (collision, morsure, blessure), il faut garder son calme, sécuriser les lieux (garer sa voiture en sécurité), soigner l’animal et les blessés, et contacter les secours ou la police si nécessaire. Notons que la responsabilité civile du maître reste engagée quelles que soient les circonstances : même en ville ou en forêt, vous devez indemniser tout dommage causé par votre chien (y compris sur un animal sauvage).
Équipement et bonnes pratiques
- Laisse et harnais : une laisse solide (nylon, cuir) est indispensable. Pour la campagne, une longue longe (~5–10 m) est très utile : elle donne de l’élan au chien tout en restant maîtrisable. En forêt, on privilégie le harnais pour éviter la compression du cou (un chien qui file au bout d’une laisse serrée peut s’étrangler). Un harnais de randonnée avec sangles réglables offre confort et sécurité.
- Éléments de sécurité : gilet ou collier réfléchissant (avec LED ou bandes visibles) et clochette/clochette sur le collier. Ces dispositifs rendent le chien visible et audible. Un sifflet à ultrasons ou un spray anti-fugue (air comprimé) peut aider en rappel. Le site de l’OFB conseille ces signaux visuels et sonores pour éviter les accidents de chasse.
- Équipement supplémentaire : sac à dos léger pour transporter une trousse de premiers secours (compresses, désinfectant, pince à tiques), de l’eau et une gamelle pliable pour l’animal, et une longe de secours. En périodes de fortes chaleurs, il faut de l’eau en quantité et éviter les heures les plus chaudes. Un collier GPS/traceur (relié à smartphone) peut sauver un chien égaré ou chassé par un gibier.
- Entraînement en amont : travailler le rappel systématiquement, y compris dans un parc ou un terrain clôturé, avec distractions (bruits, fausses cibles). Habituation aux bruits forts (orage, pétards) : par exemple, des enregistrements audio ou des simulations douces de détonations en présence du chien (sous forme de jeu) peuvent le désensibiliser progressivement. Apprentissage du « pas bouger » aux approches (vélo, joggeur, randonneur). Socialisation positive avec d’autres chiens en éducation (crèches ou cours collectifs) réduit l’agressivité. Un éducateur canin peut renforcer ces apprentissages.
- Choix de l’itinéraire et du moment : privilégier des parcours balisés ou connus, informer un proche de votre itinéraire. Évitez les zones marquées « chasse en cours » et les créneaux de forte activité (ex. battues le matin). Au printemps, respectez l’interdiction de laisse non attachée en forêt. Hors chasse, vérifiez auprès de la fédération de chasse locale les dates et secteurs ouverts. Préférez les sorties en milieu protégé (parcours signalés « chiens tolérés en liberté ») ou les périodes creuses (couleur estivale, s’il n’y a pas de chasseurs).
- Communication : informez les autres usagers de la forêt de votre présence (salutation, clochette, gilet fluo pour vous aussi). Si vous croisez des randonneurs, annoncez « chien sociable/chien en laisse » pour éviter les surprises. Apprenez à votre chien le contact (et le retrait) en présence d’humains. Gardez vos coordonnées sur la médaille du chien (nom et téléphone) et assurez-vous que sa puce électronique est à jour, en cas de perte.
Profil du chien et responsabilité du maître
La décision de lâcher ou non dépend beaucoup de l’animal lui-même :
- Âge et santé : un chiot et un senior ne font pas les mêmes besoins d’exercice. Un chien jeune pourra courir plus, un vieux chien s’épuisera plus vite. Un animal avec des problèmes cardiaques, respiratoires ou articulaires devrait limiter son effort au pas en longe. De même, un chien épileptique (risque de crise en courant) ou diabétique (hypoglycémie) doit être surveillé.
- Aptitudes : vérifiez l’obéissance générale (rappel, assis, stop). Un chien « impeccable en campagnard » est rare. S’il n’est pas sûr, tenez-le en laisse jusqu’à amélioration. Prenez en compte le level de chasse (certains chiens ont un instinct naturel très fort, comme les beagles ou terriers). Un chien mordeur ou déjà bagarreur doit rester attaché en toutes circonstances (sauf sur terrain privé clôturé).
- Tempérament : Les chiens peureux réagissent fort au moindre bruit – mieux vaut les garder sous surveillance rapprochée. Les chiens excités ou dynamiques ont parfois du mal à se poser en laisse ; à l’inverse, un chien calme peut apprécier d’être bridé pour marcher au pas du maître. Les chiens anxieux devraient pouvoir se « lâcher » dans un lieu sûr pour décharger leur stress, mais là encore, sous vigilance.
- Responsabilités légales : Le maître est toujours responsable des actes de son chien (dommages, morsures). Il doit avoir une assurance responsabilité civile animale. Il doit également ramasser ses déjections partout (non ramasser en forêt est puni). Enfin, même en liberté, l’animal doit pouvoir être rappelé : en cas de non-rappel, le chien est jugé « divagant » et l’amende (135 € à 750 €) est du même ordre que pour un chien en ville sans laisse. Tout détenteur d’un chien doit être en mesure de l’empêcher de nuire à autrui ou à la faune.
Diagramme de décision (lacher en laisse ou non)

Le schéma ci-dessus synthétise le cheminement à suivre : par exemple si vous vous trouvez dans une zone de chasse ou à proximité de la circulation, la laisse ou la longe est la meilleure option. Si le chien a un rappel médiocre ou un comportement peu fiable, on privilégiera également la laisse courte. En revanche, si le terrain est sûr, le chien en santé, sociable et bien éduqué, vous pouvez le lâcher en restant vigilant.
Tableau comparatif : risques et actions recommandées
| Situation / Risque | Risques pour le chien et les autres | Avantages de la laisse | Avantages de la liberté | Actions recommandées |
|---|---|---|---|---|
| Promenade en zone de chasse | Blessures (balles perdues), panique, fuite du chien (divagation). Risque braconnage si le chien chasse un gibier. | Contrôle total, chien à l’abri en cas de coup de feu, respect de la loi. | Fr\u00e9miss d\u00e9stockage moindre (mais danger sup\u00e9rieur). | Tenir le chien en longe ou en laisse. Porter un gilet fluo et clochette. Rester sur sentier. |
| Passage de cyclistes | Collision avec le chien ou chute du cycliste. Risque de blessure pour les deux. | Pas d’accident ni de conflit avec des cyclistes inattentifs. | Exercice maximal pour le chien en dehors des zones fréquentées. | Maintenir le chien en laisse ou sous contrôle vocal strict. Descendre du chien si n\u00e9cessaire. Éviter les excès de vitesse. |
| Rencontre d’un autre chien (surtout agressif) | Morsures, bagarre, stress intense. Propriétaire tenu pour responsable. | Évite les confrontations imprévues ; permet une gestion instantanée du chien. | Permet une interaction sociale naturelle si les deux chiens sont dociles. | Évaluer le chien inconnu. Laisser les maîtres communiquer. Rappeler son chien au pied et le mettre en laisse. |
| Présence d’un animal sauvage | Blessure (griffes, coups de sabot), risque de collision sur route si le chien fuit. | Le chien ne peut pas s’élancer après le gibier. | R\u00e9ponse \u00e0 l’instinct de chasse satisfaisante (s’il n’y a pas de danger). | Ne pas lâcher le chien à proximité de gibier. Appliquer un rappel entraîné d\u00e8s qu’il s’approche d’une odeur ou d’un bruit. |
| Bruit intense (orage, feu d’artifice) | Le chien peut paniquer, se blesser en fuyant, s’orienter dans un lieu dangereux (falaise, route). | Le chien reste proche du maître, moins de risque de fugue. | Petit sentiment de liberté malgré le stress (mais sans assurance contre la fuite). | Rester calme, tenir le chien en laisse. Parler doucement, encourager et le rassurer. |
| Terrain inconnu / visible peuplé (village, aire de pique-nique) | Le chien peut troubler ou effrayer les gens (enfants, chiens domestiques), risque de morsure ou de plainte. | Facile à gérer le chien en présence de tiers ; vision de son comportement. | Plutôt aucun – ce n’est pas le bon lieu pour lâcher. | Tenir en laisse. S’assurer que le chien ne se comporte pas (pas bondir sur les gens, etc.). |
Ce tableau synthétise les principaux cas de figure : à chaque fois, la laisse offre plus de sécurité (sauf rare cas sportif ou terrain ouvert sûr). Les fiches officielles et les éducateurs insistent toujours sur l’importance d’une “surveillance attentive” du chien, ce qu’illustre le conseil suivant : la vétérinaire comportementaliste Dr. Sophie Lemoine (Clermont-Ferrand) rappelle que « en pleine nature, un chien même bien dressé doit rester sous contrôle constant, car un bruit inattendu ou l’odeur d’un gibier peuvent le faire s’éloigner en un clin d’œil ». Ainsi, laisser un chien totalement libre n’est recommandé que si toutes les conditions précédentes (rappel, équipement, environnement) sont parfaitement réunies.
Checklist pour le maître avant la promenade
- Vérifier la réglementation locale : notez les périodes de chasse et les arrêtés municipaux interdisant la liberté canine (notamment en forêt chaque printemps).
- Évaluer le chien : âge, caractère, santé, niveau d’entraînement. Un jeune chien actif ou un chasseur-né nécessiteront plus de précautions.
- Équipement prêt : harnais adapté, laisse ou longe, gilet/clochette, GPS/puce, trousse de premiers soins et eau.
- Planifier l’itinéraire : choisir un parcours connu ou adapté aux chiens (pistes non fréquentées par véhicules, réserves de chasse au besoin, etc.). Informer quelqu’un de son parcours.
- Fixer ses ordres : revoir les commandes essentielles (rappel, « stop », « assis ») avant de partir. Être prêt à corriger le chien dès le premier écart.
- Communiquer : prévenir les proches de votre départ, et les autres usagers de votre présence (« chien sociable », « chien en laisse »).
En combinant vigilance, connaissance des règles et équipement adapté, chaque propriétaire peut ainsi garantir une promenade sereine pour soi, son chien et les autres. Goldenday met à disposition des petsitters expérimentés qui sauront appliquer ces bonnes pratiques lors de la garde à domicile de votre chien : ainsi votre animal reste en toute sécurité et en liberté contrôlée chez lui, au calme, pendant votre absence.
Source principales : Code rural (article L.211‑23 et arrêté du 16/03/1955), Office national des forêts, TF1 Info (conseils chasse), guide pratique EmmèneTonChien, clinique vétérinaire Mulhouse.
